Le cerf-volant…

Tout me rappelait la Tresse. La couverture. La silhouette de petite fille. Le quatrième de couverture et ce nouveau voyage vers l’Inde. J’avais gardé une place dans mon coeur pour Lalita et j’avais hâte de la retrouver…

Dans cette suite de son 1er roman, Laetitia Colombani nous emmène dans un petit village pauvre au bord du golfe du Bengale. Dans un quartier où vivent les dalits, les intouchables, cette catégorie sociale rejetée en Inde… celle là même qu’elle nous avait déjà fait découvrir dans la Tresse. Elle nous conte cette fois, l’histoire de Léna, enseignante française d’une quarantaine d’année qui fuit un drame personnel et pense trouver l’espoir ou la résilience en partant à l’autre bout du monde. Elle échoue dans un hôtel à touristes, sans but et sans envie… jusqu’à ce matin où elle rencontre Holy (Lalita) qui la sauve de la noyade. Cette petite fille qui n’était qu’une ombre jouant avec son cerf-volant, jusqu’à ce jour particulier, va devenir le centre de l’existence de Léna, comme une bouée providentielle, celle qu’elle attendait depuis si longtemps… Et la mélancolique et sombre Léna se transforme petit à petit en une femme volontaire et ambitieuse, qui est persuadée qu’elle peut sauver Holy et tous les enfants dalits en ouvrant une école… faisait fi de la pauvreté, de la tradition, des règles établies depuis des millénaires…

Que dire ?… J’ai été profondément déçue. Peut être parce que j’avais tant aimé la Tresse et les Victorieuses, et que j’avais trouvé dans ces deux livres un élan à la fois d’humanité et de féminisme… et qu’ici je n’ai retrouvé ni l’un ni l’autre. Le personnage de Léna est une caricature de l’occidentale bien-pensante, persuadée qu’elle a raison, qu’elle est dans son bon droit, et que ce sont les autres qui ne se bougent pas assez pour changer les choses. Elle arrive avec sa petite vision d’enseignante française, confortablement installée dans sa routine, et avec ses rêves de rédemption et de révolution. Je n’ai pas apprécié du tout un certain nombre de passage extrêmement jugeant envers les indiens, et en particulier les indiennes. Le récit manque d’empathie, d’humanité, et surtout de décentrage du point de vue… L’image de l’héroïne blanche et riche qui vient sauver les petits enfants indiens, j’ai vraiment eu beaucoup de mal.

Pour vous donner une petite idée, voilà un passage qui relate l’affrontement entre Léna et les parents adoptifs de Holy, qui refusent qu’elle soit scolarisée. James le père est catégorique. Mary, la mère reste silencieuse. Le passage est le suivant : « Comprenant que la discussion mène à une impasse, Léna tente d’y impliquer Mary, espérant qu’une femme aura un point de vue différent sur la question. Elle ne tarde pas à déchanter : Mary refuse de prendre parti et se terre dans sa cuisine. Elle n’a pas d’opinion autre que celle de son mari. Elle lui est soumise, et n’a visiblement ni le courage ni l’envie de s’opposer à lui. Elle est de celle qui, résignées, voient se perpétuer les mêmes violences et les mêmes injustices, de génération en génération, sans protester. »… peut-on réellement reprocher aux femmes indiennes leur silence ? peut-on vraiment leur reprocher de ne pas se révolter contre la tradition ?…

Si certains ou certaines d’entre vous l’ont lu, suis preneuse de vos avis… Car de mon côté la déception est grande…

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