La Datcha…

Une ancienne ferme. Des murs de pierre sèche chauffés par le soleil du Luberon. Une allée de micocouliers. Un moulin. Des vies qui s’entrecroisent et s’entrechoquent. Celle de la lumineuse Matcha, beauté russe aux yeux verts mordorés, bienveillante mère pour toutes celles et ceux qu’elle recueille, dont les mots russes savent dire « je t’aime » comme aucun autre. Celle du ténébreux Jo, ancien boxeur des rues, parti de rien, dont la carrure et la voix rauque impressionnent, père protecteur dont l’ombre s’étend sur celles et ceux à qui il veut épargner la vie trop rude qu’il a eu, son rire et sa gouaille sont porteurs d’espoir. Celle d’Hermine, enfant abandonnée, ado des rues, jeune adulte adoptée par ce couple hors du commun, une joie de vivre retrouvée et une vraie place trouvée dans cette vie qui semblait pourtant ne pas vouloir d’elle, d’ombre elle deviendra lumière et lumineuse, tourbillon de bonne humeur et d’espoir… que viendra stopper la petite fille cachée au plus profond, la petite fille et sa peur de l’abandon… Reste entre les murs, le fantôme d’Emma, la fille perdue, et celui de Vassily, le fils sombre et ténébreux du bout du monde… Que se passera-t-il lorsque le patriarche aura disparu ? Que deviendra cet équilibre fragile ?… et leur maison à tous, la Datcha, cette maison cocon, cette maison racines, suffira-t-elle à les maintenir tous debout ? ou sera-t-elle au contraire l’origine de la fin de cette période de sérénité et de bonheur ?…

La plume d’Agnès Martin-Lugand sait mieux qu’aucune autre nous conter ces femmes si fortes qui se pensent si fragiles, et ces hommes sombres qui pensent avoir tant à se faire pardonner. J’ai aimé retrouver cette plume, et les personnages que l’autrice sait si bien rendre attachants. Hermine et sa peur de l’abandon, Samuel et son refus de tourner la page, Vassily et son lourd secret, Matcha dans les bras de laquelle on aimerait se consoler, les ravioles de Charly que l’on aimerait partager avec un verre de Ventoux, le bavardage en russe de la petite Romy dont on aimerait voler un instant l’innocence, Amélie cette amie refuge toujours présente… et Gaby, et Alex et… la Datcha, cette maison dans laquelle on aimerait tant se poser un moment et savourer la vie.

Un lecture apaisante qui fait beaucoup de bien !

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