Là où le bonheur se respire…

La mémoire, les souvenirs, les odeurs. Quelque chose qui nous rattache à ce que nous sommes, mais aussi à ce que nous avons été. Les yeux fermés, inspirer, expirer, un parfum se glisse jusqu’à nos narines, ou bien plus profondément jusque dans notre cerveau. Un parfum iodé et floral qui esquissera un sourire sur nos lèvres. Un parfum oxydé et métallique qui ravivera un traumatisme. Un parfum d’huile de coco et de chocolat très noir qui nous donnera l’envie de nous blottir dans les bras de l’être aimé. Peut-on enfermer des souvenirs dans des bouteilles, comme des messages de SOS lancés à la mer ? Peut-on raviver celle ou celui que nous étions en humant les odeurs s’échappant de jolis flacons ? La complexité des odeurs liés à nos souvenirs… réalisable avec quelques herbes et gouttes d’huiles essentielles ou d’eau florale ?… ou doit-elle juste rester une part de nous, insondée ?…

Souvenirs et parfums, odeurs de notre vie d’hier, ou de celle d’aujourd’hui. C’est le nouveau chemin iodé et sucré, doux et tempêtueux que nous propose Sophie Tal Men dans son dernier roman, Là où le bonheur se respire. Ce roman c’est l’histoire de Clarisse, victime d’un accident de cheval, et de Lily, sa grande soeur, parfumeuse en herbe, qui se donnera pour mission de retrouver la « Clarisse d’avant ». Mais tout ne sera pas si simple. Comment aider une soeur qu’on connaît finalement si mal parce qu’on a préféré fuir le cocon familial de l’île de Ouessant ? Comment ne pas se perdre soi même lorsque les parfums n’évoquent rien, les émotions se font silencieuses, et les mots si dénués de sens ?… Hématome du lobe frontal. Et si la Clarisse d’avant ne revenait jamais ?… Sur son chemin, Lily tombera sur Evann, jeune externe un peu fantasque du Service de Neurologie, magicien bénévole en pédiatrie, et trompettiste jusqu’au bout de la nuit. Comme pour sa soeur, Lily devra aller au delà des apparences, donner une seconde chance à ce garçon dont elle gardait un souvenir si mitigé, et finira, sur le chemin des parfums, par s’y attacher… Et au gré du récit, le lecteur retrouvera avec bonheur le Gobe-Mouches, et en filigrane, Marie-Lou, Matthieu, Gabriel et Anna.

C’est encore une fois un joli roman que nous offre Sophie Tal Men. Un de ceux qui font du bien. Un cocon qu’on a du mal à quitter tant il réchauffe le coeur. Et ce cocon est rempli d’odeurs, chacun y trouvera celles de ses souvenirs. Je ne sais pas si c’est ma grande sensibilité aux odeurs et aux parfums qui m’a tant fait aimé ce livre, mais je me suis laissée portée… Le parfum des pins ensoleillés dans les Landes, celui iodé et chargé par le varech de la mer du Nord, le parfum doux et épicé du pain d’épices qui cuit dans le four, celui du chocolat chaud qui réchauffe les mains et le coeur les soirs froids de décembre, le parfum rassurant de la peau chauffée par le soleil de l’être aimé, et celui vivifiant de l’huile de lin et de la magnésite sur les chaussons de danse… Toutes ces odeurs qui nous constituent, qui nous construisent, et qui parfois même nous maintiennent debout dans la tempête…

Plongez dans le roman de Sophie Tal Men. Et fermez les yeux. Lâchez prise et laissez vous guidés par les parfums…

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