La divine comédie de nos vies…

Les histoires d’A….. finissent mal… en général…

Quatre amis d’enfance, quatre amis pour la vie, des potes, des vrais, avec toute la virilité nécessaire à cacher un soudain trop plein de sensibilité… Un pour tous, et tous copains… Serment de gamins, mais qu’en reste-t-il vraiment à la quarantaine ?… Sacha, le chirurgien esthétique qui noie le manque de sens de sa vie entre seins et sexe, terrassé par sa peur de l’engagement ; David, le colosse à la jambe d’argile bardée de plaques et de vis, rugbyman raté, bloqué par sa passion pour le gazon ; Marc, le vilain petit canard, qui ne s’est jamais adapté à ce monde tellement éloigné du sien, empêché par cette colère sourde, cette noirceur qu’il tente vainement d’évacuer lors de ses nuits à la BAC ; Jérôme, le mec cool, parfait presque, toujours à l’écoute et dispos pour les potes, le mec parfait dans une petite vie parfaite, vétérinaire accompli, époux d’Olivia, célèbre sculptrice, père de trois charmants enfants, Constance, Nina et Lucien… 40 ans, dont presque 30 d’A….. Où sont-ils passés ces quatre gamins ? A quel moment se sont-ils perdus sur le chemin ? Quand ont-ils égarés leurs rêves et laisser fuir leurs rires, leur complicité ?… L’un d’entre eux disparaît soudain, et c’est 20 ans de mensonges et de non-dits qui remontent à la surface. Découvrir que l’on ne se connaît pas vraiment, découvrir derrière les carapaces un bruit de verre brisé, d’anciennes blessures sur lesquelles on a préféré fermer les yeux, mais qui n’ont pas disparu pour autant, des amours d’enfance qui sont devenus des amours torturés d’adulte, des trahisons, ou des regrets. Et que la vie qu’on supposait parfaite ne l’était peut être pas sous ces couches de vernis accumulées par les années. Qui était vraiment celui qui est parti ? Et quel tsunami a-t-il créé en partant ?…

Les histoires d’A….. finissent mal… en général…

C’est un touchant roman sur l’Amitié que nous livre Gavin’s Ruiz. Son écriture tantôt tendre tantôt piquante nous fait aimer d’emblée cette bande de potes. C’est leur regard de quarantenaires, regard bienveillant ou critique, sur les enfants et ados qu’ils ont été, qui les rend terriblement attachants. Et le lecteur se retrouve vite aux prises avec sa propre introspection : c’est quoi l’Amitié au fond ? Qu’est-ce qui fait la solidité de ces amitiés qui résistent au temps, aux épreuves et aux disputes ? Qu’est-ce qui fait que d’autres s’étiolent et disparaissent, laissant ou non des blessures ? Pourquoi ces liens qui se créent ? Pourquoi ces regards croisés et cette petite voix qui nous murmure : c’est elle, c’est lui, c’est une évidence… ? Et cette question qui nous taraude parfois : connaît-on vraiment nos amis ? Leur pardonnons-nous toujours leurs erreurs ou leurs défauts ? Leur laissons-nous vraiment la possibilité d’être eux mêmes ou sans le vouloir, les façonnons nous un peu à l’image de ce que nous aimerions qu’ils soient ?… La question est-elle : qui suis-je et quelle est ma place ?… alors que ce pourrait être simplement : je suis moi et je suis à ma place, parce que eux, parce que moi…

Les histoires d’A….. finissent mal… en général…

Et je n’ai pu m’empêcher de penser aux miens, aux miennes, l’amie d’enfance (bientôt 35 ans…), les amies de fac (mes inséparables), les ami.e.s d’aujourd’hui, celles et ceux qui ont croisé ma route il y a 10 ans, ou 5, ou 4 ou 2… Toutes et tous sont précieuses (clin d’oeil à celle qui s’est dit encore récemment « la pièce rapportée ») , pour des raisons différentes, mais c’est une certitude, toutes et tous sont précieuses, m’ont aidé à grandir (m’y aide encore), me tiennent la main quand j’ai peur, me serrent dans leurs bras quand je doute, ont toujours pile les mots qu’il faut, ont cette bienveillance et cette douceur que j’ai encore bien souvent pas suffisamment pour moi même, me mettent des coups de pied au cul aussi quand je le mérite et quand c’est nécessaire (et ça aussi c’est précieux), partagent avec moi tout ce qui fait la vie : les sourires, les rires, les blagues pourries, les recettes de cuisine, la transpiration d’un bon cours de sport (même en zoom), les achats compulsifs, nos passions communes ou différentes, nos regards sur le monde (parfois on est pas d’accord et même ça c’est pas grave), notre amour des bons repas et des bons vins, les livres (ceux qu’on a aimé, et d’autres un peu moins)… nos doutes et nos peurs… notre manque de confiance en nous… nos espoirs et nos rêves… nos fiertés d’aujourd’hui et nos blessures d’hier… Je crois que nous n’arrêtons jamais de grandir et de nous construire. Je crois que nous sommes des puzzles incomplets, et que toutes les amitiés que nous nouons au cours de notre vie, sont les pièces qui nous manquaient pour être entier, et surtout pour être nous mêmes.

Alors non… les histoires d’Amitié, ne finissent pas mal… en général…

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s