La vie rêvée des chaussettes orphelines…

Alice et Scarlett. Alice et Oliver. Alice et Bruce. Alice et Jérémy. Alice et sa mère.

Alice entre New York, Londres et Paris. Une femme, la trentaine, américaine, perdue ou exilée par la force d’une drame, on ne sait pas trop. Asociale peut être, brisée sûrement. Par quoi ? Elle ne laissera personne le savoir, elle se l’est juré. D’ailleurs sa carapace est si épaisse, et si hérissée de piquants, que personne n’ose s’approcher. Alice, est froide, un peu névrosée, elle aligne les stylos quand ils ne sont pas strictement parallèles, enfile tous les matins son costume d’ex-spécialiste wall-streetienne de la finance (tailleur et queue de cheval ne laissant la place à aucune mèche rebelle), et dès qu’une angoisse s’annonce, triture nerveusement le curieux bracelet qu’elle porte toujours à son poignet. Alice est un mur, Alice est un mystère, Alice est peut être juste le fantôme de ce passé qu’elle s’efforce d’effacer avec tellement d’énergie… Mais tout cela, c’est sans compter ce poste qu’elle accepte par dépit dans cette nouvelle start-up avec ce patron déjanté qui rêve de réunir les chaussettes orphelines ; et ces personnages hauts en couleur qui font traverser sa route : Victoire, informaticienne un peu geek qui n’a aucun filtre et dit tout ce qu’elle pense, Reda, employé revendicatif et procédurier mais attentionné et à l’anglais si imparfait, Chris, le doux rêveur, lui aussi brisé, qui espère enfin avoir trouvé l’idée qui va l’aider à percer, Saranya, la pétillante et volubile indienne, cousine d’une amie d’une amie, qui l’entraînera bien malgré elle dans un tourbillon de couleurs et de saveurs lors de la célébration de Divali… La carapace d’Alice s’écaille, petit à petit, et comme les personnages qui gravitent autour d’elle, le lecteur commence à comprendre ce qui se cache peut être sous les multiples couches de protection… Alors, qui est vraiment Alice ?

J’ai beaucoup aimé l’écriture de Marie Vareille. J’ai aimé suivre l’Alice d’aujourd’hui aux prises avec son passé, et l’Alice d’hier qu’on découvre avec beaucoup de tendresse et d’humour en parcourant les pages de ce journal intime qu’elle écrit en s’adressant à Bruce Willis. Sous couvert de légèreté, Marie Vareille aborde des sujets sensibles comme les rapports mère-fille, la place de deux soeurs dans une famille, la difficulté d’avoir un enfant, les relations de couples, les liens forts d’amitié, la solitude, les cicatrices que l’on garde toutes et tous de nos passés, l’importance de se libérer de ce passé et de laisser les autres nous prendre la main pour nous aider à nous relever, le poids des regrets et de la culpabilité, l’importance de se pardonner, avant tout à soi même. C’est un beau roman, doux et amer à la fois, sur la famille du sang, et la famille que l’on se choisit en devenant adulte.

Merci Marie Vareille pour ce joli roman. Et merci de m’avoir donné envie de retrouver en moi, l’ado un peu rock, et de réécouter Oasis, Blur, les Red Hot, Nirvana ou Noir Dés…

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