Moi, Marthe et les autres…

0700E8D3-3089-4DF6-A0C1-8B4FC1C3D844.jpegPas de date… ni heure, ni jour, ni année…

Un lieu… Paris… mais pas le Paris que vous connaissez, un Paris en ruine, dévasté… Imaginez des amas de pierres formant des grottes, des immeubles abandonnés et ré-investis par la Nature, un métro glauque et dangereux envahi d’animaux inquiétants ou d’hommes prêts à tout… Mais pourquoi ?… on ne sait pas… Catastrophe naturelle ? Guerre ? Accident nucléaire ?…

Paris est vide de vies ou presque… Un bande y survit… Qui sont-ils ? Pas d’âge, pas de sexe (d’ailleurs les couples se font et se défont au gré des besoins et des envies, qu’importe dans un monde qui n’est que chaos), pas parents puisque pas de passé, alors ils se les inventent, des prénoms, mais pas les leurs, parce qu’ils ne s’en souviennent plus non plus, des surnoms : Hardy, Marthe, Ossip, Gaby, Jurgen, Mad, Begraaf, Izbel, Azzuto, Pol, Patrap, Azzuto… Qui sont-ils ? D’où viennent-ils ? Personne ne le sait, même pas eux… Un seul ancêtre sauvé de l’oubli, le Vioque, celui qui leur racontait l’histoire des mots et leur chantait des chansons, celles de John Holiways (« Que je t’aime, que je t’aime, que je t’aime… »)…

Il y a la misère de la vie de chaque jour, celle où il faut chercher de la nourriture, s’habiller, se tenir chaud, lutter contre les bandes adverses, survivre dans ce monde qui n’en est plus un… Il y a la misère et le passé qui s’effacent derrière les mots qu’ils aiment et qu’ils se répètent comme un mantra, même s’ils en ont perdu le sens : pus, canette, moufles, fétide, furoncle, chafouin…

Il y a ces mots qui restent d’un passé qui n’est plus… la vie, la ville, la joie, la peine, le passé, le présent… tout s’est dissout, disparu comme un mirage (tout cela a-t-il jamais existé ?)… tout s’est dissout et les mots un peu aussi avec : metr (métro), funicul (funiculaire), coc-clalit (coca light), maïzen (maïzena), nutla (nutella), le boulevard SainGerm (Saint Germain), la biblioth Natniale (Bibliothèque Nationale), antidéprss (antidépresseurs), fantorange (Fanta orange)… Tout se raccourcit, comme leurs existences, à l’inverse de ce temps qui s’allonge et qui pourtant ne ressemble plus à rien…

Il y a les mauvaises rencontres, celles après lesquelles on compte les morts… on les enterre debout, la tête en bas, au cas où ils voudraient revenir… on les pleure, et on les oublie… Il y a les rencontres surprenantes… Celle de Frog, l’enfant du métro, il n’a pas d’âge, à la fois adolescent combattant avec son arc et ses flèches, adversaire redoudable, et encore petit enfant trimballant son ours en peluche dans sa charette…

On referme ce livre et on se pose une seule question… est-ce réel ? où étais-ce juste un rêve ou le trip sous exta de Hardy qui nous raconte cette histoire ?…

« Je vais te dire autre chose : quel sens y a-t-il à rester vivant si tout s’oublie si vite ? Si rien ne reste en nous plus de quelques secondes ? Nés après la cassure, nous ne sommes plus que des fantômes arpentant des fragments. Oui, nous marchons parmi ces fragments et rien ne reste en nous, tout disparaît, tout passe, de sorte que si nous vivons, c’est uniquement parce que nous ne sommes pas encore morts. »

 

 

 

 

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