Et si on commençait enfin à vivre ?…

280F698E-A2E6-4C25-A143-8FF37F884E1A.jpegJe ne sais pas si je vais trouver les mots…

J’avais adoré « Le Parfum du Bonheur est plus fort sous la Pluie »… J’avais ri, j’avais beaucoup pleuré aussi… Un roman que j’avais déjà trouvé beaucoup plus profond et sensible que les deux premiers… J’avais aimé ce que ce roman racontait de moi !… J’ai commencé ce roman après « Les corps inutiles » de Delphine Bertholon, en espérant un peu (naîvement) que celui là me donnerait le sourire et la bonne humeur que m’avait ôté le premier… J’avais tort !

Là, je n’ai juste pas les mots… Je n’ai pas pleuré à la lecture… Mais j’ai eu le coeur serré à de nombreuses reprises… et je le referme avec une boule dans la gorge et… et en commençant à essayer de mettre des mots sur cette lecture, les larmes coulent toutes seules, on dirait une cascade au sein d’un fjord, au fin fond de la Scandinavie… Ce roman m’a remué bien plus profondément que ce que je voulais bien admettre… J’ai tenu bon, jusqu’au bout, en retenant le souffle de mes larmes, et en refermant la dernière page le brise-larmes s’est rompu…

C’est l’histoire de 3 figures féminines, à différents âges de la vie… C’est l’histoire d’Anna, 37 ans, mère célibataire (on ne comprends pas d’ailleurs très bien qui est vraiment ce père, pourquoi il est parti et si loin, et pourquoi il ne veut pas voir ses filles), qui trime avec un boulot de serveuse exploitée et exploitable dans le restaurant d’un ami… Il y a toutes ces dettes qui s’accumulent, les huissiers qui sonnent aux portes, la banquière qui harcèle… et elle qui fait juste « de son mieux » pour maintenir la maison à flots… Anna a deux filles : Lily, 12 ans,  et Chloé, 17 ans…

Lily, c’est l’enfance espiègle, c’est l’insouciance (mais est-elle si insouciante vraiment, comment on peut grandir dans la candeur et l’innocence avec le poids de certains souvenirs ?…), c’est le clown, clown drôle, clown en colère parfois, clown tortue souvent (que serions nous sans le rire parfois ? ce rire qui nous permet de cacher nos émotions ?)… Lily ne parle pas beaucoup, elle associe les expressions françaises et les proverbes pour en faire des expressions qui ne sont qu’à elle, mais qui font sourire et rire tout au long du livre… et elle a deux amis, Mathias et Marcel… Lily, elle est un peu dans son monde, et elle aimerait surtout qu’on l’y laisse en paix !

Chloé, c’est l’adolescence orageuse, ce joli petit bout de femme qui se déteste quand elle se regarde dans le miroir (quelle adolescente n’a pas détesté son corps et son reflet dans le miroir ?), c’est l’hypersensibilité, le « haut pouvoir émotionnel », celui qui vous donne l’impression d’être en permanence dans des montagnes russes émotionnelles, mais qui vous fait aussi voir le monde avec une intensité accessible à peu de monde… passer du rire aux larmes en quelques secondes… se mettre au défi en permanence, soi-même pour se punir de je ne sais quoi, mais aussi ces autres qui ne comprennent rien à ce qu’elle vit, et surtout sa mère… Chloé, elle aimerait vivre dans son monde de solitude, mais surtout qu’on la serre très fort dans ses bras dès que possible !

Et en filigrane, il y a d’autres femmes importantes dans la vie d’Anna, sa maman qui lui manque, sa belle-mère qu’elle trouve agaçante et bienveillante à la fois, et sa « mémé », figure maternelle et grand-maternelle à la fois, confidente, gardienne du lien mère-fille, douce et aimante, mais aussi celle qui sait mettre un coup de pieds aux fesses de sa petite-fille quand elle le juge nécessaire…

Alors comme rien ne va jamais comme elle l’espère (et pourtant elle y travaille à chaque instant), comme elle sent ses filles en danger, Anna plaque tout, pour une virée en camping-car, destination : la Scandinavie, les fjords, les aurores boréales et le soleil de minuit… Ce voyage, presque initiatique, en tout cas aux sources d’elle-même, est l’occasion de rencontres avec des personnages très différents mais qui finissent par former une famille : François et Françoise et leurs enfants Louis et Louise, famille dont il faut gratter un peu le vernis, Marine et Greg les jeunes mariés (ravie d’ailleurs de retrouver ces personnages de « Tu comprendras quand tu seras plus grande »), Diego et Edgar, les deux papys menteurs, et Julien, l’homme aux chemises de bûcheron et son fils Noé, autiste, qui comprend probablement mieux le monde que eux tous réunis.

Ce roman, c’est un roman de la culpabilité, et je crois, sans trop m’avancer, que nous pouvons toutes nous y retrouver… dans ce sentiment permanent, de ne jamais faire assez, de ne jamais faire assez bien, de faire trop, de faire mal… dans ce sentiment de ne jamais être à la hauteur, que ce soit dans notre vie de femme, de mère, d’épouse, de fille, de soeur… Ce poids du « je suis pas assez bien », « c’est sûrement de ma faute », cette pression que l’on se met toutes pour être une femme parfaite, une mère parfaite, une épouse parfaite… THE WOMAN… THE WONDER WOMAN…

Il y a un peu de chacun des personnages féminins de ce roman, en chacune de nous, je crois… Et c’est une des forces de la magnifique plume de Virginie Grimaldi, prendre un peu de nous, et le mettre dans ses romans… pour y délivrer ce message : que nous soyons un peu plus bienveillantes avec nous mêmes…

C’est aussi un roman sur la famille, et sur la force du lien filial, et cette force particulière, d’attraction-répulsion, du lien mère-fille (j’en profite : Maman, je t’aime)…

Et l’autre force de la plume de Virginie Grimaldi, qui se révèle vraiment pour moi dans ce quatrième roman, c’est la subtilité d’approche de ces thématiques qui nous remuent, sous couvert d’une (fausse) légèreté, et de cet humour profondément drôle, à la fois touchant et mordant, cet humour qui met le sourire aux lèvres, et les brillants dans les yeux… La surface est légère, le fond est profondément bouleversant, et elle amène tout cela avec une sensibilité et une tendresse qui brisent même les carapaces les plus épaisses… Ma carapace est brisée, Virginie, et je finis ce roman certes en larmes, mais avec une furieuse envie de continuer à « rallumer les étoiles » !

Je finirais par des mots qui ne sont pas les miens mais qui me semblent si appropriés ici (merci Baptiste Beaulieu de me prêter ta plume) :

« Y’a des êtres, ils sont miraculeux. Une caresse. Un mot. Un sourire. Et c’est toute votre existence qui devient meilleure. »

(Je crois que c’est tout Virginie Grimaldi, cela… merci pour vos mots, vraiment…)

 

2 réflexions au sujet de “Et si on commençait enfin à vivre ?…”

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